The number two is out!
C’est mes coupains, et ils viennent de nous sortir le 2ème volet du meilleur magazine pour iPad et tablettes : Geek Culture. Il se lit aussi sur un simple navigateur web hein, pour nous-autres poires n’ayant pas pu se payer la liseuse-portable-même-aux-chiottes de la firme à la pomme.
Le magazine s’étoffe d’une section dédiée aux jeux de rôles, d’une autre consacrée aux bandes-originales de film, et continue de couvrir l’actu ciné-DVD-séries TV-comics-video games des 3 derniers mois. Sans trop en dévoiler, Batou et Spidey se font défoncer la rondelle, tandis que les princesses Blanche-Neige et Rebelle sont traitées comme des ladies. Nous serions-nous adoucis? Ah, oui, et je scribouille quelque trucs dedans aussi.
A l’occase, voici mes quelques contributions à ce numéro, ainsi qu’au précédent :
DAYTRIPPER
La beauté existe. Et bien qu’elle nous arrive do Brasil, réfrénez vos déviances perverses car il ne s’agit pas d’un(e) shemale aguichant le chaland à l’ombre des arbres boulonnais (c’est raciste ça comme vanne hein ?). Non, cette beauté-ci est née du travail des jumeaux Fábio Moon et Gabriel Bá, et ces deux-là s’emboîtent comme Papa dans Maman, accouchant d’un récit à l’orée du fantastique. Les frangins tirent probablement leur eau là où se rend un autre brésilien, Paulo Coelho, assimilant chaque étape du parcours d’un homme à une petite mort, démontrant que rien n’est éternel, mais que finalement rien n’a besoin de l’être. Sans que l’ouvrage n’ait concrètement de point commun avec l’Alchimiste, la même grandeur paisible s’en émane, rythmée par les petits plaisirs de la vie. Étudier la vie en décrivant la mort, c’est le paradoxe doux-amer cultivé ici. Saupoudrant ça et là joie, nostalgie, et contentement, chaque chapitre pourrait être pris seul et suffire. Car les volutes émotionnelles qui s’en dégagent percent toutes les coquilles (même celles des benêts de GC), caressant l’hypothalamus à en donner l’envie de cloper aux non-fumeurs, de descendre au café savourer un espresso, et de passer la journée assis sur un banc à méditer sur le temps qui file – ou à invectiver les passantes. Daytripper, comme le doux doigt d’une psychothérapeute remontant les conduits cognitifs de son patient, s’immisce dans le subconscient. Abordant des thèmes anxiogènes tels les rapports familiaux, amoureux, ou professionnels, il les désamorce en prenant une dimension cathartique, nous laissant tout chose. La poésie se déclamait en prose ou en vers, elle se décline à présent en phylactères.
Chronique rédigée pour feu Geek Culture le mag #1 (juin 2012)
Batman : La cour des Hiboux
Des hiboux. Des chauves-souris. Érection. Sous le crayon dark de Greg Capullo (Spawn, Haunt) et la plume sombre de Scott Snyder (American Vampire) ? Ejaculation. Directement issue de la salve de New 52 issus du relaunch de l’univers DC (grosso-merdo, 52 séries ont été redémarrées au #1 en septembre dernier), ce premier arc de Batman approche la perfection. Un peu de folie ici, un peu de baston là, et surtout, une ville de Gotham plus tortueuse que jamais, explorée de ses égouts aux sommets de ses buildings : Capullo et Snyder nous servent le Dark Knight tel doit l’être, entier. Si reboot il y a eu chez DC, Bruce Wayne est le personnage dont la continuité a été la moins attouchée sous le scalpel du marketing. Elle aura seulement été placée entre les mains de deux des meilleurs éléments de la maison. Spleutch.
Chronique rédigée pour feu Geek Culture le mag #1 (juin 2012)
The Twelve
The Twelve, c’est comme la chaudasse qui te chauffe en soirée, te laisse entrevoir des myriades de cochoncetés, pour finalement te laisser pourrir son répondeur comme un morfal pendant 3 ans avant de te rappeler. Et ce pour le plus platonique des èr-dèv’ de ta vie. Trois ans que la rencontre avec le premier volume de ce comics avait eu lieu ! Ce qui fait trois années à se demander si ses auteurs allaient se rappeler de nous et sortir le second. La longue attente a fait monter le buzz, le buzz a fait s’accroître l’anticipation, et l’équipe créative du biniou a enfin accouché de quelques platitudes… Car là où le premier TPB explorait les difficultés à adapter le carcan de valeurs des héros des 40′sau XXIème siècle, offrant une relecture façon Bronze Age des 70′s aux histoires un tantinet niaises des héros de Timely Comics, le second retombe dans le simplisme des premières aventures super-héroïques. Les héros valeureusement patriotiques (voir naïvement propagandistes) si bien upgradés d’un background réaliste et torturé se voient ici réduis à nouveau à une aventure sommaire dénuée de la profondeur du volume précédent.
Alors que les travers des comics d’antan venaient d’être exorcisés, les voici de retour : happy-endings faciles (les morts finalement pas morts, le héro se tape la belle pépée…), savants mégalos peu crédibles, propagande idiote (des combattants ennemis à Téhéran sont représentés portant des keffiehs palestiniens et des pakol afghans… en gros, ce sont de vilains moyen-orientaux hein, rien à foutre de l’exactitude culturelle ou géographique) . Joe M. Straczynski devait être très occupé à torcher des scripts pour Hollywood (L’Échange, réalisé par C. Eastwood tout de même, mais aussi l’immonde adaptation de Thor au grand écran… et le débilissime Ninja Assassin) pour bâcler ainsi cette suite a priori très prometteuse. Le dessin humblement rétro de Chris Weston est au moins toujours au rendez-vous. Mal nécessaire pour donner une conclusion au prétendu Watchmen-killer de Marvel, ce second tome déçoit quant à son potentiel de départ, sans être une lecture désagréable. Un peu comme une allumeuse qui veut garder sa culotte.
The Twelve T2 : Fin d’une Epoque – Panini Comics – Dessin : Chris Weston – Scénario : Joe M. Straczynski
Chronique rédigée pour feu Geek Culture le mag #2 (septembre 2012)

