Prodigy – My Infamous Life

Voilà, je parle beaucoup de sons en ces murs, mais il m’arrive aussi de bouquiner. Et pas que des comics en plus, bah ouais. En ce moment, c’est la biographie de Prodigy of Mobb Deep – My Infamous Life (et A. Camus – L’Etranger, ainsi que C. de Bellaigue – Patriot of Persia: Muhammad Mossadegh and a Very British Coup, mais ça doit moins vous intéresser). Et daymn, qu’est-ce que ça incite à se ré-écouter du bon hardcore pur Queensbridge. Car si le truc est donc mal torché, gratté entre deux bédos au trou alors que le monsieur purgeait sa peine pour détention illégale d’arme à feu (il se déplace toujours arnaché, au point que sa rencontre avec Big Pun est de son propre aveux un des moments honteux de sa vie, car il avait oublié son piece dans la voiture et n’a pas pu se la raconter devant Pun et ses potos portoricains), ça donne sérieusement envie de se remettre du Mobb Deep, mais aussi du Cormega, du Nas, du Capone-N-Noreaga, et j’en passe. Le texte pondu est malheureusement d’une qualité très médiocre (la maison d’édition semble pourtant avoir dépéché une certaine Laura Checkoway pour l’assister sur l’écritue) : il y a très peu de cohérence d’un paragraphe à l’autre (voir même à l’intérieur des paragraphes), et les phrases iront rarement au-delà du sujet-verbe-complément, rendant parfois la lecture ennuyante malgré un contenu foisonnant. Mais c’est ce contenu qui a réellement de l’importance et donne tout leur intérêt à ces pages.

Le livre aborde les points sombres de l’histoire de Mobb Deep et la vie de Prodigy, de sa drépanocytose aux beefs avec d’autres emcees, chroniquant au passage ses conneries de jeunesse entre Long Island et le Queens. Prodigy va dans les détails, publiant même des noms, ce qui a déclenché quelques scandales l’an dernier. <SPOILER>Capone réfute avoir balancé le frère de Havoc, Noreaga estime s’être fait balancer dans le bouquin, Ty Nitty d’Infamous Mobb qui aurait été la victime du tir de N.O.R.E refuse de le pointer du doigt car il ne veut pas balancer… Le tout est plutôt bien condensé dans la vidéo suivante (cliquer ici), bien que pas mal de gens interrogés soient du South Jamaica Queens, quartier en embrouille depuis toujours avec le Queensbridge auquel Prodigy fait allégeance</SPOILER>. Le beef plus récent avec son collègue Havoc n’a par exemple pas l’air lié à cette perte de crédibilité. Peut-être que P n’en a finalement plus rien à cogner de tout ça, sentant la mort approcher (voir l’excellente interview de Fred Hanak de dDamage à son sujet).

Tout ceci n’a d’ailleurs pas beaucoup d’importance de notre côté de l’Atlantique : le bouquin offre un superbe voyage dans la vie tumultueuse de la moitié de Mobb Deep, l’un des groupes dont la sonorité a le plus influencer le rap français (L’Ecole du Micro D’Argent d’IAM et Mauvais Oeil de Lunatic pour ne citer qu’eux), et permet d’en apprendre plus largement sur la face cachée du rap New-Yorkais. Une bonne lecture pour le fond, malgré la qualité plus que médiocre de la forme…

 

 

Article initialement publié sur GeekCulture.fr

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~ par owen le 26 août 2012.

2 Réponses to “Prodigy – My Infamous Life”

  1. il existe en français ?

  2. Je pense pas… Fais-toi l’interview de Fred Hanak, ça offre déjà pas mal d’éléments : http://www.maelstrommagazine.com/fred-hanak-x-prodigy/

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