Ragemoor

•18 février 2013 • Poster un commentaire

Ragemoor-1

Hey! There’s a… There’s a tape recorder here.

- See what’s on it!

Tout commence par un colis Amazon.co.uk trouvé un soir dans sa boîte aux lettres. Alors qu’il l’inspecte sous le néon défectueux de son hall d’entrée, il constate que le carton d’emballage est poisseux, déchiré en plusieurs endroits. Peut-être a-t-il été ouvert par les douanes anglaises avant d’être refermé aussitôt et expédié rapidement hors de la perfide Albion. Arrivé chez lui, il déballe le paquet (…) pour trouver sa commande: le premier volume de Ragemoor, édité aux éditions du Sombre Cannason. Une lecture qu’il se réserve pour ses trajets de RER quotidiens. N’y accordant pas plus de reflexion, il range le bouquin dans sa sacoche pour le lendemain.

Après une nuit sans rêves et une tartine fade avalée en quatrième vitesse, le voilà qui dévale les escaliers de la station Louise Michel pour s’engouffrer dans une rame inhabituellement vide de la ligne 3. Le métro démarre, et ce n’est qu’une fois les miches calées dans une banquette lacérée au préalable par un vandale consciencieux qu’une sourde vibration se fait ressentir au sein de sa malette. Y glissant la main pour y attraper son mobile, il prend conscience que ce n’est pas le vibreur de l’appareil mais bien la bande-dessinée qui vrombit ainsi. Il la sort (..) et sa gorge se serre. L’ouvrage est humide et bat tel un coeur malade. Son front se couvre de perles froides. Il décide de l’ouvrir, ne passe réellement à l’acte que dix secondes plus tard, et soudainement, les lumières du wagon sautent. Elles explosent toutes de concert et il claque le bouquin qui se débat pour rester ouvert. Il le plonge violemment dans son sac qu’il sangle fermement, remarquant au passage qu’une odeur âcre s’en dégage à présent. Il a le souffle court alors qu’il n’a pas couru, et il tente doucement de le reprendre en le réglant sur le roulement régulier des roues sur les rails. Jetant un coup d’oeil par la fenêtre alors que son wagon ralentit le long du quai, il est surpris d’être arrivé à Havre-Caumartin, la station de sa correspondance. Il n’a pas le souvenir de s’être arrêté à d’autres stations et pourtant, il descend et se précipite dans les escalators pour attraper le RER qui doit le conduire à destination, comme porté par une force invisible.

Le train est déjà à quai et il saute dedans, sa sacoche serrée sous le bras. Les passagers le regardent avec désintérêt sous la lumière blafarde et sale. Puis ils le voient rouvrir le livre… Le RER A semble soudainement s’assombrir. Le teint joliment doré de la jeune asiatique debout en face de lui se fend de traits tirés, soulignant les angles de ses pommettes. Probablement en partance pour Disneyland-Paris, elle semble soudainement prisonnière de Blaine, le monorail en direction de la Tour Sombre. Ses trois amies s’écartent doucement d’elle, comme pour ne pas réveiller une bête assoupie. Elle, en revanche, garde ses yeux terrifiés fixés sur le bouquin. Sur les vitres du wagon, la condensation se fait soudainement très dense, et se met à couler comme de la sueur sous le poids de l’atmosphère suffocante. Le bruit auparavant fracassant de la rame vétuste n’est plus qu’un écho lointain, et on distingue la respiration des voyageurs qui sont à présent tous tournés vers lui. Une respiration haletante, coordonnée, omniprésente, seulement ponctuée par les rares sanglots d’un bébé que son père serre beaucoup trop fort entre ses bras.

Une quinquagénaire déchire alors son tailleur et se jette sur le clochard avachi à côté d’elle, lui mordant le cou tout en lui arrachant ses fripes dont émane une odeur d’urine et de vin. Les cris d’épouvantes de l’homme sont couverts par les éclats de rire de septs écoliers qui se mettent soudainement à jeter leurs livres scolaires de toutes leurs forces sur ce couple gesticulant, visant la tête et ne ratant jamais, éclaboussant de sang les parois couvertes de graffitis. Le restant des passagers se rue sur notre ami tel une meute, les mains tordues en direction du livre, sa Bible, son Necronomicon. Le train s’arrête violemment à sa station, et il doit forcer l’ouverture des portes pour s’extraire de cette folie, laissant une manche de sa veste dans la mâchoire d’un vieillard tambourinant la vitre avec des poings ne ressemblant plus qu’à de la pulpe.

La gare RER dans son dos, il ouvre le volume en direction du bâtiment fraîchement rénové dans lequel il travaille, et des gerbes crépusculaires jaillissent de ses pages. La terre se met à trembler et la pluie qui tombait drument se teint de pourpre. Deux bouches d’égout adjacentes explosent et vomissent leurs goules, qui prisonnières des bas-fonds depuis trop longtemps, se jettent sur les passants pour rassasier leurs passions cannibales. La façade de l’immeuble se fend et s’effrite, recrachant par ses fentes et fenêtres les employés déjà attablés à leurs bureaux. Ceux-ci entament leurs chutes par des hurlements qui ne sont plus que des râles étouffés lorsqu’ils touchent le sol, leurs corps ayant pris la forme de larves blanchâtres et surdimensionnées au cours de la descente. Les bouches d’égouts sont à présent des ouvertures béantes au fond desquels on aperçoit les flots bouillonnants du Styx, bordé de flammes ardentes, et dans lequel se jettent à présent les hordes de travailleurs arrivant de la gare. Leurs rires malades et leurs yeux exorbités semblent nourrir l’ouvrage qui brûle les mains de son porteur alors qu’il le hisse aussi haut que possible, balayant la place de son rayonnement libérateur. "Vos mères étaient les putes à soldat des champs de bataille du Ragnarök" hurle le livre à travers lui, gutural à en rompre ses cordes vocales.

Les tours alentours s’effondrent à leur tour, alors que de ses yeux coulent des larmes acides. Il n’y a pourtant plus de tristesse, plus de peur, seule la joie le sublime, et son corps en lévitation s’élève au dessus de la ville. De l’Est Parisien il ne reste plus que des torrents de bile qui emportent les ruines des arrondissements dans le gouffre ouvert à ses pieds. Le boulevard périphérique, les nationales, et les autoroutes sont pavés de crânes, et des ailes de chauve-souris poussent sur les côtés des automobiles déformées qui les parcourent. Il n’y a plus de craintes, plus de doute.

Les Enfers, enfin, sont révélés.

Article initialement publié pour GeekCulture.fr!

Bilan HipHop 2012

•31 janvier 2013 • Poster un commentaire

bilan-hip-hop-2012

Il fait sombre, et lorsque les nuages ne déversent pas de la flotte chargée de particules de plomb sur nos faces blafardes, c’est parce qu’on fourmille dans la pissotière que sont les labyrinthes souterrains de la capitale, d’un train à l’autre, d’une banlieue à une autre. Certains choisissent de s’exiler de la terre du milieu pour aller courir nus dans les vignes de provinces plus souriantes, voir émigrent loin de la Frince pour des contrées au doux-vivre cosmopolite. Et d’autres, comme nous, froncent les sourcils, réajustent le casque audio et s’engouffrent dans le ventre de Paris. Voici une petite rétrospective des titres ayant contribué à réduire nos capacités auditives en 2012.

JANVIER: Blow a Kiss to my Dick

Gros mois de Janvier que ce premier mois de 2012. La solution au spleen saisonnier est toute trouvée ! De la bière, de la weed, un sample de Kid Cudi à pousser à fond en soirée pour se réchauffer, danser jusqu’au coma éthylique, et prendre le volant dans la foulée… YOLO! C’est le cocktail que nous préparent ScHoolboy Q et A$AP Rocky avec l’un des meilleurs titres de l’année:

ScHoolboy Q – Hands On The Wheel Feat A$AP Rocky

Enchaînez la playlist sur un albanais obèse qui rappe comme Ghostface Killah, un beat aérien faussement calme capable de pousser un public à bumrush la scène, un look-alike du rejeton caché de Vanilla Ice et Yelawolf et un premier couplet qui démarre par « Blow a kiss to my dick… », et voilà une année qui commence bien.

Côté rap français, Youssoupha sortait Noir Désir, et on vous en parlait ici. Comme les radios et chaînes télés héxagonales ont eu la décence de matraquer les singles de l’album au point de nous faire gerber chaque fois que quelqu’un avec un cheveux sur la langue ouvrait sa bouche, on n’en dira pas plus. Tiens, hier soir j’ai mangé des carottes.

Action Bronson x Riff Raff – Bird on a Wire

FEVRIER: GHB

En février, les mecs de Geek Culture n’ont pas écouté de hiphop. Pour essayer de se convaincre qu’on était des hipsters, on a du se mettre du Alt-J ou peut-être même The XX. A moins que ce ne soit The Black Keys ou Kids These Days. Je n’ai à vrai dire absolument aucun souvenir du mois de février.

Du coup, je vous laisse avec ce titre de La Coka Nostra posté par Ill Bill la veille de Noël 2011. Parce que c’est moi qui écrit l’article, qu’il y a des cadavres d’animaux crucifiés dans le clip, et que je fais ce que je veux.

La Coka Nostra – Malverde Market

MARS: Jimmy? Timmy!

Un jeune autiste poste des vidéos de lui-même, dénudé, dansant et marmonnant sur des beats de trap music dans son salon. La mélodie est lourde, le buzz se déclenche, et le mouvement Drill émerge de Chicago . On s’attend à ce que Chi-Town reprenne le lead sur Atlanta dans la production hip-hop actuelle, mais c’était sans compter sur le reste des rappeurs k1ry qui, trop longtemps prisonniers de leurs complexes homophobes, cèdent à leurs pulsions et se précipitent sur le jeune homme. Résultat, un remix/gang-bang avec Kanye West dans le rôle du pedobear principal.

Chief Keef – I Don’t Like (feat.) Lil Reese

AVRIL: Niggas in Paris 

Petite session de nostalgie lorsque Waka Flocka décide de venir passer un weekend à Paname et en profite pour revisiter la prod. de Repose en Paix de Booba, qu’Animal Sons avait pondu pour son premier album solo. Nos années lycées.

Waka Flocka – Foreign Shit


A$AP Rocky lui-aussi décide de venir se faire filmer en-dessous du chibre d’acier de notre glorieuse nation: la Tour Eiffel. Ce qui tombe bien, parce qu’on commence à se lasser des titres de sa mixtape mythique, LiveLoveA$Ap, et qu’une nouvelle sortie apporterait un bon bol d’air frais. Ou de fumée violacée, ça dépend du point de vue. Le résultat, Goldie, sur une énorme prod. aux relents narcotiques de Hit-Boy, est au niveau des attentes, et ne laisse pas encore présager que le salopard s’apprête à inviter Drake et Skrillex sur son futur album.

A$AP Rocky – Goldie

MAI: En mai, fais ce qu’il te plaît.

En mai, fais ce qu’il te plaît. Passe un coup de fil à ton voisin pour qu’il propose à sa fille de t’aider à astiquer ta caisse. Propose-lui de le faire en bikini, car il serait de tout évidence dommage qu’elle salisse ses vêtements. Aide-là dans ce dur labeur en l’aspergeant d’eau, un verre de sprite à la main. C’est probablement le déroulement de ces actions qui a permis à Juicy J de filmer la vidéo ci-dessous, pour le remix de The Weeknd sorti en bonus de sa mixtape Blue Dream & Lean.

Juicy J – Codeine Cups

JUIN: Le Rap C’Etait Mieux Avant

Dans la famille Le Rap C’Etait Mieux Avant, je veux la mixtape 1999 de Joey Bada$$, qui s’il n’avait que 4 ans cette année-là, connaît sur le bout du chibre les classiques des quasi-trentenaires que nous sommes. Le titre Survival Tactics, avec Capital STEEZ (qui a malheureusement décidé de faire mentir le titre de la chanson en se suicidant), renvoie on-ne-sait-trop pourquoi à l’album Black On Both Sides de Mos Def. Moment de nostalgie vraiment agréable.

Joey Bada$$ x Capital STEEZ – Survival Tactics

En bonus track pour ce mois, le maton Rick Ross sort sa mixtape Rich Forever, qui contient un bijou: une collaboration avec Nas dans laquelle ce dernier délivre son meilleur couplet depuis des années. Enjoy:

Rick Ross Feat. Nas – Triple Beam Dreams

JUILLET: Indie Shit.

En juillet c’est mon anniversaire. Je crois. Du coup je me suis craqué, je me suis abonné à The Amazing Spider-Man pour avoir les derniers jusqu’au #700, le final. Et je me suis mis plein de sons laid-back, comme ceux de Freddie Gibbs rappant sur des instrus de Madlib. Poum-poum-pi-dou-waaaaah.

Freddie Gibbs & Madlib – Shame

AOÛT: Prout

Mois d’août frais sur paname, on ne quitte pas son chez-soi à part pour se rendre dans la moiteur des salles de concert, et on télécharge des mixtapes bien au chaud derrière son iMac. En particulier celle de Domo Genesis et AlchemistNo Idols. Ça suffira largement pour remplir nos oreilles tout au long de ce mois peu friand en sorties intéressantes.

Domo Genesis x Alchemist – Me & My Bitch

Heureusement, alors qu’on s’attend presque à ce que septembre pointe son nez, on apprend qu’un certain Macklemore a décidé d’arrêter de siroter du syrop contre la toux et de se mettre à faire du son. Depuis, il pose sur des prod. de son poto Ryan Lewis, et rappe à propos de vêtements qui sentent comme les draps de R. Kelly. Le succès sera vite planétaire, et le clip est dément.

Macklemore x Ryan Lewis – Thrift Shop

SEPTEMBRE: Backpacker shit.

Le homeboy malveillant de Spider-Man, l’Homme-Sable, sort son dernier effort chez Stones ThrowFirst of a Living Breed est un album dans lequel Homeboy Sandman se promène sur des instrumentales hétéroclites (clit’!), changeant de flow comme de capote, abordant des thèmes aussi variés que les illuminati, la pornographie zombie, ou même l’effet de sa carrière de rappeur sur son programme de cardio’. Du très bon.

Homeboy Sandman – Sputnik

OCTOBRE: C’est Bandant d’Être Indépendant

Flynt est l’un des tôliers du Hip-hop français indépendant. Avec plus de 10 ans de rap estampillé XVIIIème à son actif, l’homme a toujours su rester discret et spartiate dans ses sorties, ne se permettant que de faire dans la qualité. Ce qui ne l’empêche pas de remplir aisément les salles de concerts comme l’a prouvé la tournée de son précédent album. Le voilà donc qui revient encore avec un album excellent, Itinéraire Bis. Si on pourra lui reprocher une certaine austérité dans ses textes – il refuse de "faire rimer là où t’habites avec sa bite", alors que chez Geek Cul’, on adore les rimes en bite – son dernier album en date apporte un brin de maturité pas désagréable dans un mouvement qui ne peut s’empêcher de laver son linge sale sur Youteub.

Flynt – Haut la Main

NOVEMBRE: Attitude de Ra’s al Ghul

En novembre, alors que les ténors du rap français version Skyrock grognent et se sentent le cul comme des clébards sous coke depuis 2 mois, nous on continue d’écouter du rap adulte, avec Made In de Médine. Pas que ça nous fasse pas marrer qu’ils se soient affublés de petits noms doux tels R.O.H.2-fesses, Zboobi, et Emile Laounizi, mais Médine a de son côté encore une fois pondu un truc capable d’accumuler largement plus d’une écoute au compteur de l’iPod. L’ami Alex a déjà posé une tartine à ce sujet, allez donc lire son papier (ici), bordel. Le clip Trash Talking, pour lequel Médine se déguise en Bane, est peut-être d’ailleurs la seule chose intéressante à être sortie de The Dark Man Rises. Ça et tout un tas de gifs de la Cotillard

Médine – Trash Talking

DECEMBRE – Etrange Futur

Earl Sweatshirtle jeune déglingos d’Odd Future que sa mère avait envoyé se faire redresser par des gros samoans dans une prison juvénile pour gosses de riche, nous revient amer et calmé. Sûrement au diazépam. Son écriture est toujours aussi foisonnante, et l’introspection dont fait l’objet ce dernier titre ne se fait pas au détriment de ses fameuses allitérations. L’influence revendiquée à Eminem est plus que présente dans le choix du thème, car là où le Slim Shady crachait sur sa mère, Earl parle de sa haine de son daron, poète sud-africain qui l’a abandonné à l’age de 6 ans. Faisons fi de tout cela:  c’est la sobriété de la boucle de piano et le flow monocorde du jeune emcee qui font du titre un parfait soundtrack pour un premier suicide.

Earl Sweatshirt – Chum


Article initialement publié pour GeekCulture.fr

L’Amérique qui Travaille

•4 novembre 2012 • Poster un commentaire

Encore un son qui me parvient par des voies improbables! C’est par le tenancier d’un (très bon) Tumblr dédié aux comics, Exit Smiling, que je découvre ce nouveau venu de chez Stones Throw, Homeboy Sandman. En plus de savoir rapper, le mec trouve le temps d’être barbier, de bosser dans un kebab, de tenir un magasin de réparation de vélos, de vendre des glaces dans la rue, et de se disputer avec sa meuf… Notre ancien président se ferait dessus. Enjoy.

Homeboy Sandman – Whatchu Want From Me

HUF Plantlife socks : Pour les pieds qui puent.

•3 novembre 2012 • Poster un commentaire

"Putois" se dit "Skunk" en anglais. C’est sûrement basé sur ce constat que les designers de chez HUF nous sortent chaque année des collections de chaussettes griffées de feuilles de cannabis. En gros, si t’as les pieds qui sentent le putois, mets nos chaussettes couleurs skunk. Et question couleurs, chacun y trouve son compte grâce à la collection "spécial Hallowe’en", à la collaboration avec le magazine High Times,… Et cette édition spécialement conçue pour la lutte contre le cancer du sein. Hurray for Boobies.

Plus de choix sur le site web de HUF.

 

Juicy J – Codeine Cups

•2 novembre 2012 • Poster un commentaire

En traînant dans les pages du site Le Tag Parfait ("I only read it for the articles…"), je tombe sur cet énorme titre de Juicy J qui sample pour son bien The Weekend. Le truc est tiré des bonus tracks de sa tape de Mai, Blue Dream & Lean. Le clip est pas mal non plus:

The number two is out!

•29 septembre 2012 • Poster un commentaire

C’est mes coupains, et ils viennent de nous sortir le 2ème volet du meilleur magazine pour iPad et tablettes : Geek Culture. Il se lit aussi sur un simple navigateur web hein, pour nous-autres poires n’ayant pas pu se payer la liseuse-portable-même-aux-chiottes de la firme à la pomme.

Le magazine s’étoffe d’une section dédiée aux jeux de rôles, d’une autre consacrée aux bandes-originales de film, et continue de couvrir l’actu ciné-DVD-séries TV-comics-video games des 3 derniers mois. Sans trop en dévoiler, Batou et Spidey se font défoncer la rondelle, tandis que les princesses Blanche-Neige et Rebelle sont traitées comme des ladies. Nous serions-nous adoucis? Ah, oui, et je scribouille quelque trucs dedans aussi.

A l’occase, voici mes quelques contributions à ce numéro, ainsi qu’au précédent :

 

DAYTRIPPER

La beauté existe. Et bien qu’elle nous arrive do Brasil, réfrénez vos déviances perverses car il ne s’agit pas d’un(e) shemale aguichant le chaland à l’ombre des arbres boulonnais (c’est raciste ça comme vanne hein ?). Non, cette beauté-ci est née du travail des jumeaux Fábio Moon et Gabriel Bá, et ces deux-là s’emboîtent comme Papa dans Maman, accouchant d’un récit à l’orée du fantastique. Les frangins tirent probablement leur eau là où se rend un autre brésilien, Paulo Coelho, assimilant chaque étape du parcours d’un homme à une petite mort, démontrant que rien n’est éternel, mais que finalement rien n’a besoin de l’être. Sans que l’ouvrage n’ait concrètement de point commun avec l’Alchimiste, la même grandeur paisible s’en émane, rythmée par les petits plaisirs de la vie. Étudier la vie en décrivant la mort, c’est le paradoxe doux-amer cultivé ici. Saupoudrant ça et là joie, nostalgie, et contentement, chaque chapitre pourrait être pris seul et suffire. Car les volutes émotionnelles qui s’en dégagent percent toutes les coquilles (même celles des benêts de GC), caressant l’hypothalamus à en donner l’envie de cloper aux non-fumeurs, de descendre au café savourer un espresso, et de passer la journée assis sur un banc à méditer sur le temps qui file – ou à invectiver les passantes. Daytripper, comme le doux doigt d’une psychothérapeute remontant les conduits cognitifs de son patient, s’immisce dans le subconscient. Abordant des thèmes anxiogènes tels les rapports familiaux, amoureux, ou professionnels, il les désamorce en prenant une dimension cathartique, nous laissant tout chose. La poésie se déclamait en prose ou en vers, elle se décline à présent en phylactères.

Chronique rédigée pour feu Geek Culture le mag #1 (juin 2012)

 

Batman : La cour des Hiboux

Des hiboux. Des chauves-souris. Érection. Sous le crayon dark de Greg Capullo (SpawnHaunt) et la plume sombre de Scott Snyder (American Vampire) ? Ejaculation. Directement issue de la salve de New 52 issus du relaunch de l’univers DC (grosso-merdo, 52 séries ont été redémarrées au #1 en septembre dernier), ce premier arc de Batman approche la perfection. Un peu de folie ici, un peu de baston là, et surtout, une ville de Gotham plus tortueuse que jamais, explorée de ses égouts aux sommets de ses buildings : Capullo et Snyder nous servent le Dark Knight tel doit l’être, entier. Si reboot il y a eu chez DC, Bruce Wayne est le personnage dont la continuité a été la moins attouchée sous le scalpel du marketing. Elle aura seulement été placée entre les mains de deux des meilleurs éléments de la maison. Spleutch.

Chronique rédigée pour feu Geek Culture le mag #1 (juin 2012)

 

The Twelve

The Twelve, c’est comme la chaudasse qui te chauffe en soirée, te laisse entrevoir des myriades de cochoncetés, pour finalement te laisser pourrir son répondeur comme un morfal pendant 3 ans avant de te rappeler. Et ce pour le plus platonique des èr-dèv’ de ta vie. Trois ans que la rencontre avec le premier volume de ce comics avait eu lieu ! Ce qui fait trois années à se demander si ses auteurs allaient se rappeler de nous et sortir le second. La longue attente a fait monter le buzz, le buzz a fait s’accroître l’anticipation, et l’équipe créative du biniou a enfin accouché de quelques platitudes… Car là où le premier TPB explorait les difficultés à adapter le carcan de valeurs des héros des 40′sau XXIème siècle, offrant une relecture façon Bronze Age des 70′s aux histoires un tantinet niaises des héros de Timely Comics, le second retombe dans le simplisme des premières aventures super-héroïques. Les héros valeureusement patriotiques (voir naïvement propagandistes) si bien upgradés d’un background réaliste et torturé se voient ici réduis à nouveau à une aventure sommaire dénuée de la profondeur du volume précédent.

Alors que les travers des comics d’antan venaient d’être exorcisés, les voici de retour : happy-endings faciles (les morts finalement pas morts, le héro se tape la belle pépée…), savants mégalos peu crédibles, propagande idiote (des combattants ennemis à Téhéran sont représentés portant des keffiehs palestiniens et des pakol afghans… en gros, ce sont de vilains moyen-orientaux hein, rien à foutre de l’exactitude culturelle ou géographique) . Joe M. Straczynski devait être très occupé à torcher des scripts pour Hollywood (L’Échange, réalisé par C. Eastwood tout de même, mais aussi l’immonde adaptation de Thor au grand écran… et le débilissime Ninja Assassin) pour bâcler ainsi cette suite a priori très prometteuse. Le dessin humblement rétro de Chris Weston est au moins toujours au rendez-vous. Mal nécessaire pour donner une conclusion au prétendu Watchmen-killer de Marvel, ce second tome déçoit quant à son potentiel de départ, sans être une lecture désagréable. Un peu comme une allumeuse qui veut garder sa culotte.

The Twelve T2 : Fin d’une Epoque – Panini Comics – Dessin : Chris Weston – Scénario : Joe M. Straczynski

Chronique rédigée pour feu Geek Culture le mag #2 (septembre 2012)

Popcorn Project : 2 places à gagner sur GeekCulture.fr

•17 septembre 2012 • Poster un commentaire

Petit concours bien sympa posté chez sur GeekCulture en partenariat avec Popcorn Project, pour faire patienter tout le monde en attendant la sortie imminente du Number Two (…) du mag. Tenter sa chance sur GeekCulture.fr!

 
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